L’analyse d’un million de conversations sur Claude.ai révèle beaucoup de choses intéressantes, dont ce dernier point de la synthèse faite par Nicolas MARIOTTE qui m’a particulièrement interpellée :
« Enfin, le rapport souligne un fait déterminant : le niveau de sophistication des réponses de l’IA est presque parfaitement corrélé à celui des requêtes humaines.
Autrement dit, l’IA ne réduit pas spontanément les écarts de compétences ; elle tend à les refléter, voire à les amplifier, faisant du capital humain un facteur décisif dans la captation des gains économiques de l’IA »
- On peut raisonnablement supposer que le niveau de sophistication des requêtes est corrélé à l’expérience, et pas uniquement à l’intelligence. Ce qui veut dire que les plus expérimentés, souvent plus âgés, sont favorisés par rapport aux plus jeunes et sauront mieux tirer profit de l’IA.
- Et on voit d’ailleurs que certaines entreprises, notamment dans l’univers du conseil (si tant est que leur modèle survive…), ont déjà sauté sur ce genre de conclusions, qui pourraient poser un grand problème pour l’accès des jeunes au marché de l’emploi.
- Mais il me semble qu’on oublie ainsi un enseignement encore plus important : que le cerveau humain, et son comportement, sont loin d’évoluer aussi vite que la technologie. Notre cerveau et notre corps réagissent encore comme au temps des chasseurs-cueilleurs dans certaines situations ! Et il suffit de voir combien de temps la première transformation digitale a pris pour se le rappeler.
- Ainsi les plus âgés, ont généralement moins envie de changer, d’intégrer de nouvelles habitudes, de faire des efforts… nécessairement requis pour faire des prompts sophistiqués, interagir avec la machine, tester plein d’approches différentes, comparer et voir ce qui marche le mieux, etc.
- Alors que les plus jeunes ont moins d’habitudes ancrées et donc s’emparent plus vite de nouveaux usages, même s’ils ne savent pas en exploiter toute la profondeur ; ils ont également moins à perdre
CONCLUSION CONTRE-INTUITIVE :
Oui, les plus expérimentés sont théoriquement favorisés… mais statistiquement les jeunes seront certainement plus motivés.
La bonne combinaison est donc l’association des deux : le plus expérimenté qui coache et transmet son expérience, le plus jeune qui apprend, applique… et les deux qui apprennent ensemble.
Une vision idéaliste ? Ou au contraire très pragmatique pour obtenir le meilleur de l’IA… et de l’humain ?
* Synthèse de Nicolas Mariotte : https://lnkd.in/eHBYqZph
* Rapport complet à télécharger : https://lnkd.in/eg_bbihx